Hier, Checkpoint Charlie, un de trois postes-frontière dans le Berlin fractionné, fut l’un des symboles d’une division internationale liée à la Guerre Froide. À cet endroit, les deux principaux acteurs du conflit se firent face. Cette confrontation se manifesta même de façon inquiétante, notamment lors du face-à-face entre tanks américains et tanks soviétiques.
Aujourd’hui il ne reste plus rien de l’ancien poste de contrôle dont la célèbre guérite est conservée en banlieue au musée des alliés. Par le contraste entre son passé et son présent, Checkpoint Charlie se trouve au cœur de polémiques opposant le côté historique à la vision touristique.
Le lieu est considéré comme l’une des attractions incontournables de Berlin. On y trouve tout ce qu’un touriste recherche. Vous voulez un souvenir « original » ? Pour quelques euros, prenez une photo avec des figurants en uniformes militaires. Vous voulez un chapeau militaire soviétique ? Cherchez dans les boutiques souvenirs de la rue et chez les nombreux marchands ambulants. Vous voulez manger ? Choisissez un des nombreux fastfoods présents – Macdonald, Allied hot dogs, Checkpoint curry sausage, … Vous pouvez même prolonger votre expérience chez vous avec les nombreux livres et films inspirés de ce lieu.
A l’opposé, certaines voix se lèvent contre cette exploitation touristique. En effet, l’organisation actuelle de ce site est considérée comme indigne pour Vernon Pike, Colonel de l’armée américaine au Checkpoint Charlie, comme « disneyland » pour Michael Braun, porte-parole des affaires culturelles de la CDU, comme moquerie de mauvais goût pour Thomas Flierl, ancien sénateur à la culture. Cette marchandisation du lieu de mémoire attriste et agace les personnes qui sont attachées à son histoire.
Pour se détacher partiellement de ce mouvement touristique, deux visites pourraient être intéressantes: celle du Pavillon d'informations sur l'histoire du poste frontière et futur musée de la guerre froide né d’une initiative internationale la : Black Box, et celle du Mauer Museum fondé en 1962 par des militants des droits de l’homme pour protester contre la construction du mur.
Mathilde Grosjean

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