jeudi 14 janvier 2016

Un chef d’œuvre majeur de l’art allemand dans un grand musée français.


Le musée Unterlinden de Colmar est un musée des beaux-arts situé dans l’ancien couvent des dominicains. Il renferme en ses murs une remarquable collection de peintures et sculptures de la fin du Moyen-âge à la Renaissance. De nombreux artistes y figurent, notamment des peintres et graveurs allemands, venant de Bavière, d’Allemagne du Nord ou de la région rhénane.
L’une des pièces maitresse de la collection est le Retable d’Issenheim, réalisé par deux grands maîtres allemands, le peintre Matthias Grünewald et le sculpteur Nicolas de Haguenau. Cet imposant et remarquable triptyque est l’un des chefs d’œuvre du musée, il est resté conservé dans le couvent des Antonins d'Issenheim jusqu'à la Révolution puis est transporté en 1792 à la Bibliothèque Nationale de Colmar. En 1852, il est transféré dans l'église de l'ancien couvent des Dominicaines d'Unterlinden devenu musée.
Ce dernier occupe une place stratégique, situé sur le bassin rhénan, entre la France et l’Allemagne, proche de la Suisse. Il peut se prévaloir de posséder des œuvres représentatives de l’art du 15ème et 16ème siècle, période durant laquelle le Rhin supérieur a connu un véritable âge d’or.
Les peintres se déplaçaient alors au gré des commandes dans un espace linguistique et culturel qui était partagé. Aujourd’hui on en retrouve l’écho au sein du cheminement muséographique aux travers des notions de centre de production (Strasbourg, Colmar, ou Bâle) ou d’ateliers d’artistes quasi « internationaux » (tels ceux de Jost Haller, Caspar Isenmann, Veit Wagner…) qui se jouent des frontières contemporaines.
L’art du Rhin supérieur particulièrement bien représenté participe donc au rayonnement national et surtout international du musée.
 Laura ADAM

vendredi 8 janvier 2016

Sainte-Marie-aux-Mines : une ville frontière au 16ème siècle



La ville de Sainte-Marie-aux-Mines se situe dans le Val d’Argent, une vallée vosgienne qui s’étend sur près de 23 kilomètres de long. Aujourd’hui, la renommée de ce lieu est principalement liée à son activité minière intense, s’étendant sur près de 10 siècles, jusque dans les années 1940. Ses ressources minérales furent nombreuses : argent, plomb, cobalt, arsenic… On connaît également le Val d’Argent pour l’essor de son industrie cotonnière dès 1740 et pour sa diversité paysagère sans pareil.
En revanche, il existe une partie de son histoire que nous connaissons moins. En effet, le Val d’Argent occupa une position politiquement stratégique en Alsace centrale dès le 14ème siècle. Tout commença en 1399, lorsque les seigneurs locaux, sire Ribeaupierre (germanophone protestant) et le duc de Lorraine (francophone catholique), se partagèrent la vallée en deux. Ils fixèrent alors les limites de leurs seigneuries le long de la Lièpvrette, la rivière locale, qui traverse le village de Sainte-Marie-aux-Mines. Le premier seigneur s’empara les terres situées sur la rive droite et le second de celles sur la rive gauche. La commune est ainsi littéralement séparée en deux. Du côté germanique, elle porte le nom de Sainte-Marie Alsace. Du côté francophone, elle se nomme Sainte-Marie Lorraine. Pour traverser la rivière, il fallait obligatoirement emprunter un des quelques ponts équipés de bornes frontières.
La rivière joua ainsi le rôle de frontière naturelle depuis l’époque médiévale jusqu’à la Révolution Française. Cependant, ce n’est qu’à partir du 16ème siècle que les contrastes s’accentuent de part et d’autre de la Lièpvrette. Pour découvrir la richesse historique de cette vallée, rendez-vous sur le siteInternet du Val d’argent. Vous pourrez y télécharger gratuitement des brochures et découvrir d’autres sites tels que ceux des patrimoines miniers et textiles de la région.
                                                                                                                     Amandine Laville



jeudi 7 janvier 2016

Saarlandmuseum : politique d’exposition sur la double culture



 La fondation du « Stiftung Saarländischer Kulturbesitz » (fondation pour le patrimoine culturel de la Sarre) est située à Saarbrücken, en Allemagne. Elle regroupe plusieurs musées et salles d’exposition prestigieux de la région et le Saarlandmuseum (Musée de la Sarre) en fait partie. Aujourd’hui, sa collection d’art ancien comprend 450 pièces, allant de la période du haut Moyen-Âge au début du 19ème siècle. La galerie d’Art Moderne regroupe des œuvres datant du 19ème siècle à nos jours et est en constante expansion.
La collection d’art ancien est exposée dans un espace de près de 2000m². La politique d’exposition du Musée de la Sarre se concentre principalement sur la tradition, la culture et les échanges avec les pays voisins. On peut donc y visiter des expositions temporaires proposant des œuvres allemandes, mais également fançaises. Des tableaux de Picasso, Monet et Manet ont, entre autres, eu l’honneur d’y être exposés. En outre, cette politique multiculturelle se traduit via des conférences thématiques diversifiées. Elles se tiennent généralement au sein de divers musées français. Ainsi, le 24 octobre dernier, le musée de La Cour d’Or de Metz a reçu Mme Mona Stocker, responsable du département des Arts Graphiques du Saarlandmuseum. Mme Stocker est intervenue pour présenter une exposition sur les destins d’artistes pendant la Première Guerre Mondiale.
Pour découvrir ces nombreuses et passionnantes expositions, et en savoir plus sur la double culture au Saarlandmuseum, rendez-vous ici.
                                                                                                                     Amandine Laville


mercredi 6 janvier 2016

Textes et supports d’explication bilingues du Musée de Gravelotte



Comment rendre accessible les textes dans les musées ? Comment les traduire ? Pourquoi ? Et puis jusqu’où… ? Autant de questions qui peuvent être débattu, à l’heure où nombre de responsables d’institutions patrimoniales ne cessent de proclamer leur volonté d’instaurer un dialogue avec le public le plus large. Alors que faire ?
Pour étudier la question, nous sommes parties visiter le musée « bilingue » de Gravelotte, en Moselle, consacré à la guerre de 1870 et à l’Annexion. Et là, le résultat est assez intéressant à observer. Tant sur le fond que sur la forme, puisque l’ensemble des textes et des supports d’explications sont en français et en allemand. Une version anglaise est aussi disponible mais plus résumée. Enfin, une seule police de caractère, créée en Allemagne en 1896, est utilisée, ce qui donne à l’ensemble une grande sobriété.
Le choix de la langue germanique est assez compréhensible. Le musée parle d’un conflit franco-allemand sur une terre annexée à l’Empire de 1871 à 1918 puis plus tard au cours de la deuxième guerre mondiale. Mais ce qu’il y a de plus élaboré ici, qu’une simple traduction dans la langue voisine, c’est que le texte peut être vu comme une clef de compréhension de l’histoire, un fil conducteur à toute l’exposition.
En effet, c’est comme si un clin d’œil était lancé au visiteur à un moment T de sa visite, au moment où celui-ci se rend compte que quelque chose a changé. Au départ, dans la partie consacrée à la guerre il peut remarquer que le texte en français vient en premier et l’allemand en second. Puis fin du conflit, le traité de Francfort a changé la donne et c’est le contraire qui s’impose symboliquement. Le changement recommence à la fin de l’Annexion.
Notons enfin, que le musée de Gravelotte est associé aux musées du Rhin supérieur via « le museum pass musée » ; une carte d’abonnement donnant accès à 300 musées, châteaux et jardins en France, en Suisse et en Allemagne ; où une politique de bilinguisme est progressivement mise en place.
Sophie Begel

mardi 5 janvier 2016

Champ de bataille du Vieil Armand : un historial franco-allemand

Le trois août 2014, la première pierre du futur Historial dédié à la bataille du Hartmannswillerkopf fut symboliquement posée en présence du président français François Hollande et de son homologue allemand Joachim Gauck.

Cet événement montre que ce site est l’un de ceux choisis pour devenir un des lieux-symboles de la Grande Guerre, et ainsi la commémorer lors des cérémonies du centenaire. La construction de cet Historial a démarré courant 2015 à proximité de la nécropole nationale du champ de bataille. Il devrait être achevé pour les cérémonies du 11 novembre 2016 et ouvert au public au printemps 2017, à savoir que l’Historial ne sera ouvert que d’avril à novembre, en raison du climat de montagne et de la fermeture des accès.

Ce site de 750 m² s’appuiera avant tout sur des supports multimédia. On y trouvera une maquette en trois dimensions du champ de bataille, avec notamment une projection qui plongera le public dans l’ambiance des combats de 1915. Un mur d’images va également entourer cette maquette. L’objectif, en mettant en avant le son et l’image, est d’attirer les jeunes publics et, comme le dit le vice-président du comité dirigeant le projet d’Historial, Jean Klinkert, de « transmettre ce site de mémoire dans le XXIIème siècle ».

Ce site devrait accueillir 75 à 80000 visiteurs par an, sachant qu’à l’heure actuelle, 250 000 visiteurs viennent au Vieil Armand. Outre cet espace multimédia, l’Historial possèdera divers espaces pour l’accueil du public : un espace restauration, un auditorium d’une soixantaine de places et un ensemble de pièces qui abriteront les expositions temporaires et permanentes.

Ce projet d’Historial est l’un des multiples jalons de la rénovation globale du site du Vieil Armand. En premier lieu, le monument national, inauguré en 1932, a été entièrement restauré. Puis un parcours scénographique sur le champ de bataille a été mis en place, long de 4,5 kilomètres. Il présente l’ensemble du site à l’aide de panneaux en trois langues : Français, Anglais, Allemand, parcours d’ailleurs ouvert le trois août 2014.

L’Historial coûtera environ 3,5 millions d’euros, financés par l’Etat, les collectivités territoriales alsaciennes, l’Allemagne, l’Union Européenne et des mécénats d’entreprises.
Nicolas Spizo

lundi 4 janvier 2016

Gravelotte: un musée d’histoire franco-allemande



Depuis plus d’un an, les musées se sont emparés, à juste titre, du centenaire de la première guerre mondiale pour illustrer et exposer ces années tourmentées. Mais à Gravelotte, en Moselle, l’accent est mis sur un passé un peu plus effacé. On parle du conflit oui, d’une guerre franco-allemande, toujours, mais de la guerre d’avant : celle de 1870.
Le nouveau musée revisite en effet l’histoire singulière de la Moselle et de l’Alsace, qui ont partagé pour un temps le destin allemand. L’originalité est là mais pas uniquement car c’est sous le regard franco-allemand que ce passé est revisité.
Une sorte d’évidence pour les initiateurs du projet qui se sont entourés dans toutes les phases de réalisation d’historiens et de conservateurs allemands.  Cette collaboration donne au musée de la guerre de 1870 une tonalité franco–allemande assez intéressante. Ils rendent compte à la fois de l’histoire politique, culturelle, religieuse et sociale. Et c’est bien l’humain que le public découvre à Gravelotte, à travers des objets, des photographies ou encore des témoignages.
L’exposition permanente s’articule ainsi autour de trois parties qui sont entrecoupées d’espaces thématiques dédiées notamment à la peinture et à la presse internationale. La première présente la guerre de 1870 dans son contexte européen, celui des relations internationales depuis 1830. La deuxième raconte la période de l’Annexion de 1871 à 1918. Enfin, la troisième est consacrée aux temps des souvenirs de guerre et à ses commémorations, aussi bien en France, dans les territoires annexés, qu’en Allemagne.
La muséographie est soignée et sert véritablement le discours historique. Uniformes, clichés anciens, cartes, imprimés… sont mis à contribution pour expliquer et redonner un peu de couleurs à des pages bien souvent jaunies.
Par cette entreprise, le Musée de Gravelotte montre que les musées d’histoire ne sont pas simplement des lieux tournés vers le passé, mais des lieux qui doivent permettre à chacun de trouver des clefs de compréhension de l’histoire, de ses conséquences et surtout d’apporter des bases pour mieux aborder le monde actuel. 
Sophie Begel